
Dans le hall d’entrée, ça se bousculait, et près de vingt minutes avant le début de la projection de « Dessine-moi un mouton », la salle Molière était déjà à moitié pleine. Une vision qui a réjoui Florence Fernex, une des deux réalisatrices de ce documentaire. « On n’interroge pas assez les jeunes générations » estime-t-elle.
Son reportage leur donne justement la parole. « Je suis partie d’une anecdote entendue sur la Suisse : des enfants s’étaient brutalisés dans une cour de récréation sur la base d’une affiche qu’ils avaient vue. » Cette affiche représente des moutons blancs, qui chassent un mouton noir de leur territoire. Largement diffus

Mouton noir, mouton blanc
L’image, d’un abord ludique, a touché immédiatement les enfants, comme le montre le reportage. Beaucoup d’entre eux, notamment ceux d’origine étrangère se sont sentis visés, voire agressés. « Pourquoi ils m’insultent ? » se demande par exemple Aissata. « J’ai un peu peur que mon père doive retourner dans son pays » confie un autre garçon.
En se glissant dans les salles d’écoles et les cours de récréation, Florence Fernex montre avec talent comment ce dessin qui semble enfantin a soulevé des vagues d’émotion chez les plus jeunes. Un éclairage qui a plu aux élèves du lycée Kernanec, de Marcq-en-Baroeul : « Je ne pensais pas que les enfants pouvaient être touchés à ce point. C’est choquant. » réagit Juliette, qui avoue avoir appris grâce au film la signification de l’expression « mouton noir ». Anaïs a quant à elle jugé le documentaire « pas mal », tandis que sa copine Céline, qui ne connaissait pas cette affaire de moutons a apprécié les explications de la reporter: « ça permet d’éclaircir un peu cette histoire d’affiche ». Mais pas le temps de traîner, les lycéens avaient encore de nombreux films à visionner dans la journée. Dans le top 3 des scolaires : « Urgence Darfour », « le Sac de Nankin » et « le Système Poutine ».
Pauline Froissart
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